La cérémonie du mariage juif

 

Le rituel du mariage religieux juif est souvent méconnu et c’est à l’occasion de quelques questionnements posés par des confrères photographes  qui me considèrent comme l‘un des meilleurs photographes dans ce domaine que je reprends ma plume pour préciser certains points importants.

Comme dans d’autres traditions, l’observateur non averti aura du mal à cerner les éléments les plus importants d’une ‘houppa, certains relevant de l’obligation religieuse et donc universellement pratiqués dans le monde juif; d’autres à caractère plus traditionnel diffèrent selon les lieux et les époques.

L’objet de cette étude est de faire ressortir le socle commun : selon le Droit juif, le mariage doit se réaliser en deux étapes.

La première fût appelée Eroussine ( d’après un mot d’hébreux biblique qui signifie Union ) , elle est aujourd’hui connue sous le nom que les rabbins rédacteurs du Talmud lui ont donné : Kiddouchine, c’est à dire consécration.

La deuxième obligation est appelée Nissouïne que le marié effectue en conduisant son épouse dans leur demeure commune.

 

1°) Kiddouchine ( la consécration )

Le lien qu’instaure le mariage est très fort, s’il peut être rompu par un divorce , lui être infidèle , attenter à l’union qu’il a consacré serait un crime aussi grave qu’une profanation d’une offrande consacrée à Dieu.

Ce terme se réfère également à la sainteté sous laquelle le jeune couple a décidé de se placer, en se conformant la  loi de Moïse et d’Israel .

Concrètement, c’est le moment où le marié, sous la ‘houppa,  remet au doigt de son épouse un anneau de métal simple, ne portant  ni pierre ni gravure après avoir prononcé  la formule  ‘ je te consacre à moi par cette anneau au nom de la Loi de Moïse et d’Israel ‘.

 

Contrairement à d’autres traditions, il n’existe pas de remise d’anneau de la jeune femme à son mari, la notion d’échange d’alliances lors du mariage n’existe pas dans le judaïsme et le faire serait considéré par beaucoup comme incongru.

Un autre élément important est la présence obligatoire de deux témoins qui ne peuvent être choisis que selon des critères très stricts.

Cette phase cruciale du mariage juif  est précédée de bénédictions, la plupart du temps prononcées  par le rabbin. Elles sont destinées à remercier Dieu d’avoir sanctifié les hommes par ses commandements.

Cette bénédiction est dite sur le vin, et précédée de la bénédiction particulière dite sur cette boisson comme avant toutes les manifestations de joie lors d’une cérémonie juive.

 

 

2°) Nissouïne

Après cette première partie importante, la cérémonie de mariage n’est pas encore terminée : il reste une étape importante à franchir, le marié doit conduire son épouse dans sa nouvelle demeure.

C’est dans ce but que l’habitude a été prise d’instituer une demeure sympbolique, la ‘houppa ( dais nuptial)  qui va abriter les époux pendant la célébration du mariage.

Ainsi, même lorsque le mariage a lieu à l’intérieur d’une synagogue, une ‘houppa est dressée et demeure l’élément central de la cérémonie, à tel point qu’aujourd’hui on a coutume de désigner un mariage juif par le mot ‘houppa.

 

Aujourd’hui les deux cérémonies sont réunies en une seule.

 

Elles sont séparées par la lecture de la kétouba : l’acte de mariage religeux qui, écrit en araméen, énonce les obligations que le marié s’engage à remplir vis à vis de son épouse.

La kétouba constitue un acte juridique essentiel du mariage, le chou’han ‘arou’kh ( code de lois juif) précise que ‘il est interdit de vivre ne fusse qu’une seul instant avec sa femme si il n’y a pas de kétouba.

 

 

Comme les kidouchine, les Nissouïne donnent lieu à des bénédictions : les  cheva brochot ( 7 bénédictions )dont la dernière s’achève sur la prophétie de Jérémie : ‘ Qu’on puisse entendre dans les villes de Judée et dans les rues de Jérusalem, la voix d’allégresse et la voix de joie, la voix du jeune époux et la voix de la jeune épouse’.

 

Et pour perpétrer le souvenir de Jérusalem, le marié casse ensuite un verre pour rappeler la destruction du Temple.

Certains interprètent également le bris du verre comme le rappel de la brisure des premières Tables d’Alliance au Sinaï .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je précise que si je fais suite à un article écrit sur ce site il y a quelque temps, ces quelques lignes sont très largement inspirées d’un texte du Grand Rabbin Guggenheim, actuel grand rabbin de Paris et ancien  directeur du séminaire israélite de France.

 

 

Ma grande habitude de photographier des mariages juifs m’amène régulièrement à voyager à travers toute la France ( Nancy, Metz, Strasbourg, Paris, Lille, Dijon, Lyon, Valence,  Marseille, Toulouse), l’Europe ( Luxembourg, Genève, Londres, Rome ) et même plus loin ( Jerusalem, Tel Aviv, ‘Hanaana, New-York, Montreal ….)

 

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