Violon, alto et violoncelle

Les instruments de musique dits du quatuor ( violon, alto, violoncelle ) sont fabriqués par les luthiers avec les mêmes matières depuis leur création ( plus de 400 ans pour le violon ).

  • le fond est fabriqué à partir d’érable  qui peut venir du Jura, d’Allemagne ,  d’Europe centrale ou, plus rarement , du Canada  ; ses qualités sont supérieures à d’autres bois qui ont été essayés  au fil des siècles par les luthiers (peupliers, platanes ….) car à l’époque les routes étaient peu sures et il s’avérait souvent périlleux d’importer cette matière première de Hongrie.
  • la table d’Harmonie est construite en épicéa , les luthiers les plus expérimentés choisissent leurs arbres sur pieds ( souvent âgés de 100 à 200 ans ) et ceux ci sont en principe abattus en automne à la lune décroissante  car c’est l’époque où il y a le moins de sève dans le tronc. A peine un arbre sur cent est propre à être utilisé pour la lutherie . Un fois abattu le bois devra sécher pendant des années avant d’être utilisé. l’épicéa sert aussi à fabriquer la barre, l’âme, les contre-éclisses, les tasseaux et les coins.
  • L’ébène, bois particulièrement dur sert à fabriquer la touche sur lequel l’instrumentiste posera ses doigts pour fabriquer les notes; parfois il est aussi utilisé pour fabriquer le cordier ou les chevilles
  • le buis, le palissandre sont également utilisés pour fabriquer les chevilles ou le cordier.
  • les différents pièces seront assemblées avec une colle naturelle d’origine animale ( peau  de lapin, nerf, tendons ….) qui sera utilisée à chaud.
  • Les cordes autrefois fabriquées à partir de boyaux de mouton sont aujourd’hui le plus souvent métalliques .

Pour mettre leur instrument en vibration les instrumentistes utilisent un archet dont l’importance pour la qualité du son est fort peu connue des néophytes

  • la baguette est fabriquée dans un bois qui devient quasiment introuvable, le pernambouc que l’on trouve au Nord-Est du Brésil; il est parfois remplacé par de l’amourette ( Guyane, Brésil ) dont les qualités n’atteignent pas celles du pernambouc.
  • les crins qui proviennent de chevaux sauvage de Mongolie .
  • Aujourd’hui, alors que le pernambouc atteint des prix qui rendent difficile l’acquisition d’un archet de qualité aux amateurs, on trouve nettement plus abordables des archets fabriqués en carbone dont la sonorité et le jeu s’avèrent tout à fait étonnants.

On s’ interroge sur  la qualité exceptionnelle des instruments d’Amati, Garneri ou , plus encore, Stradivari; on a longtemps cru que le secret résidait dans le vernis des instruments; s’il est vrai que le vernis est important il a surtout un rôle protecteur et esthétique (plus il est tendre moins il protège et moins il « étouffe » le son ), des chercheurs américains ont affirmé il y a une dizaine d’années que le ‘secret’ serait dans la qualité des bois utilisés: en période froide la croissance des arbres est ralenties, leurs ‘anneaux’ sont alors resserrés ; or l’Europe a connu entre la moitié du XVIIème et 1715 une période particulièrement froide …..

La seule chose qui soit certaine c’est que des tests à l’aveugle n’ont pas toujours permis aux violons de Stradivari de monter sur la première marche du podium;  toujours est il que les quelques centaines de ses instruments mythiques atteignent des prix astronomiques:  le « lady Blunt » ( chaque instrument porte un nom ) du maître de Crémone a été adjugé en 2011 lors d’un vente aux enchères à 11 millions d’euros !  Ce violon, qui fut pendant 30 ans la propriété de Lady Anne Blunt, petite-fille de Lord Byron, le célèbre poète anglais, a également appartenu au célèbre luthier parisien Jean-Baptiste Vuillaume, à Richard Bennett, au Baron Knoop et à Sam Bloomfield, de grands collectionneurs, et à la Nippon Music Foundation;

le diaporama ci-dessous permettra de voir les quelques images postées sur facebook et les explications

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1
une
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arbre
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Crins
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de
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de
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la
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détail

une forêt d'érables

pour fabriquer le dos des instruments

arbre dans la plaine

A côté de Mirecourt, capitale de la lutherie française

Crins de cheval sauvage de Mongolie

pour l'archet

de l'épicéa

pour la table d'harmonie

de l'ébène

pour la touche

la colle ( ici froide )

détail d'un chevalet

( épicéa )

 

Et parfois les instrumentistes jouent sur des instruments très ‘approximatifs’, ce fût le cas de Maurice Maréchal qui joua sur un violoncelle en chêne dans les tranchée de Verdun; cet instrument a été reproduit par le luthier Jean Louis Prochasson qui le fait jouer à Emmanuelle Bertrand, je vous invite à regarder ce document particulièrement émouvant:

 

 

Note: cet article a été rédigé à la suite d’un challenge entre photographes qui circule actuellement sur facebook: il s’agit de publier chaque jour une photo sur le thème de la nature et en même temps de désigner un autre photographe qui lui même publiera pendant une semaine en désignant chaque jour un confrère……
J’ai cherché surtout à démontrer que la Nature pouvait nous livrer bien d’autres merveilles que de somptueux paysages; plus particulièrement, je travaille actuellement sur le thème du ‘bois qui chante’ avec un faiblesse  pour le violoncelle ; j’ai pour ce faire la chance d’avoir mon studio de photographe  à Nancy, ville  très proche de Mirecourt, capitale française de la Lutherie. Alors affaire à suivre et avis au violoncellistes qui auraient envie de passer sous mon objectif , j’ai déjà quelques rendez vous .

 

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lundi 13 février 2017
Merci pour cette présentation du violoncelle de Marcel maréchal, j'en avait entendu parler, c'est un bel hommage. Bonne continuation
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lundi 13 février 2017
Un coup de coeur pour le Violoncelle de Marcel Maréchal (et le travail fait alentour) que je partage avec vous !
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la Vieille Marmotte
lundi 13 février 2017
Merci pour tout ce beau travail qui me permet l'émerveillement et le rêve !
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